Vous aussi, vous avez déjà vu passer les commentaires du style « l’éducation positive c’est pour les bisounours », « les chiens d’aujourd’hui sont trop fragiles« , « un bon coup sur le collier et on n’en parle plus » ?
Oui, oui… on connaît la chanson…
Sauf que l’éducation positive n’a rien d’un monde de licornes en guimauve : c’est une approche scientifique, structurée, et surtout éthique.
Une méthode qui respecte le chien… tout en étant très efficace !
Elle repose sur une ligne directrice claire, issue de l’approche LIMA (“Least Intrusive, Minimally Aversive”).
Cette approche a été développée notamment grâce aux travaux de la Dr Susan Friedman, professeure émérite en psychologie et pionnière de l’analyse du comportement appliquée aux animaux.
Elle a proposé une hiérarchie d’outils visant à privilégier toujours les méthodes les plus douces et les moins intrusives tant que ça fonctionne : c’est l’essence même du LIMA.
Spoiler : ça fonctionne très bien 😁
L’éducation positive, ce n’est pas “être gentil” : c’est savoir comment un chien apprend
Loin des clichés, l’éducation positive repose sur un ordre logique d’intervention, pour laisser TOUTES les chances au chien de comprendre avant d’envisager des méthodes plus intrusives.
Imaginez une pyramide : on commence par le plus simple, le plus agréable… et on ne monte d’un cran que si nécessaire.
Voilà comment ça marche 👇
1/ Avant tout, la santé !
Un chien qui grogne, aboie, fuit, refuse… peut être un chien qui souffre. Avant de parler “obéissance”, on parle vétérinaire.
🩺 Douleurs, gênes, inflammations, oreilles, dents, hormones, digestion… Tout ça influence le comportement.
Imaginez qu’on vous demande de courir avec une entorse ! 🤔
2/ On gère l’environnement
Pourquoi punir un comportement… quand on peut l’éviter facilement ?
Si votre bébé humain met ses petits doigts dans les prises électriques, il y a fort à parier que vous installerez des protège prises ou que vous le surveillerez comme l’huile sur le feu en permanence.
Si vous attendez qu’il se prenne une bonne châtaigne pour apprendre que « mettre ses doigts dans la prise, ça fait bobo », vous êtes en punition positive (P+), décrite au point 8.
Donc, si votre chiot grignote vos chaussures, rangez-les et proposez lui des jouets à mâcher.
Et si votre chien monte à l’étage, plutôt que de lui crier dessus, posez une barrière d’escalier le temps de lui apprendre que c’est mieux en bas.
🗄️ La gestion environnementale n’est pas du laxisme, ni du “il-fait-ce-qu-il-veut”. C’est juste du bon sens et du stress en moins pour tout le monde.
3/ Le renforcement positif (R+)
Le R+ consiste à ajouter (+) quelque chose d’agréable après un comportement pour qu’il augmente en durée, fréquence ou intensité.
Souvent confondu avec la récompense, le renforcement n’a rien à voir avec le mérite ou le fait de faire plaisir. Il a un objectif comportemental : ce n’est pas parce qu’il a été sage ou gentil que Kiki va avoir une friandise. C’est pour que le comportement qu’il nous a proposé augmente 😉
Cela peut être un jouet, une friandise, des félicitations verbales ou un autre comportement (principe de Premack : un comportement à basse probabilité est renforcé par un comportement à haute probabilité).
Chez les humains aussi, le R+ fonctionne bien : quand votre ado aura descendu la poubelle, il pourra jouer 30 minutes à la console (R+ en Premack).
Cas du comportement auto-renforcé : c’est un renforcement intrinsèque, généré par le seul fait d’accomplir le comportement. Par exemple, le plaisir intense de courser une proie (décharge d’adrénaline et de dopamine), la satiété après avoir mangé…
4/ Le renforcement différentiel alternatif
Il s’agit de renforcer un comportement souhaité pendant que le comportement indésirable n’est plus renforcé.
Autrement dit, on apprend au chien quoi faire plutôt que de simplement lui dire “non”.
Un comportement ne disparaît jamais dans le vide ! On propose une autre solution au chien à la place.
Votre chien saute pour dire bonjour ? Apprenez lui à s’asseoir pour avoir de l’attention et veillez à ce que ses besoins d’interactions avec des humains soient comblés, tout comme ses besoins de dépense physique…
Nota : à ce stade, on aurait pu déjà gérer l’environnement pour empêcher le chien de sauter (par exemple le mettre dans une autre pièce le temps que les gens s’installent) et utiliser le R+ (par exemple, renforcer à chaque fois que vous croisez quelqu’un d’assez loin pour ne pas que votre poilu saute) 😉
5/ La punition négative (P-)
On retire (–) quelque chose d’agréable après un comportement pour le faire diminuer en durée, fréquence ou intensité.
Peut engendrer de la frustration ou de la colère : il est indispensable de bien observer votre poilu pour doser correctement.
Votre ado ne descend pas la poubelle ? Vous désactivez le Wifi de votre box pendant un certain temps.
Votre chiot mordille trop fort ? Le jeu s’arrête (P– du comportement « mordiller ») et reprendra quand le chiot sera calmé (R+ du comportement « être calme »).
Au fait, pourquoi votre chiot mordille autant ? Est-ce que ses gencives sont douloureuses ? Est-ce qu’il ne maîtrise pas encore la force de sa mâchoire ? Est-ce qu’il est fatigué ?
6/ Le renforcement négatif (R-)
On retire (–) quelque chose de désagréable après un comportement pour le faire augmenter.
Peu, voire pas, utilisé en éducation positive. C’est un des derniers outils de la boîte (6e/8).
Exemple : vous tirez sur le collier de votre chien pour qu’il se lève. La traction/tension disparaît quand le chien est debout.
On a retiré quelque chose de désagréable après le comportement « se mettre debout ». Ou on a ajouté quelque chose de désagréable après le comportement « rester couché », ce qui est une punition positive. La frontière est ténue entre R- et P+…
Sinon, vous hurlez sur votre ado jusqu’à ce qu’il descende les poubelles. On a retiré quelque chose de désagréable après le comportement « descendre les poubelles ».
7/ L'extinction
L’extinction, c’est le fait d’arrêter de renforcer un comportement pour qu’il disparaisse. En clair : si un comportement ne “rapporte” plus rien au chien, il devient inutile et il cesse progressivement de le proposer.
Attention au redoutable pic d’extinction : avant de disparaître, le comportement peut augmenter fortement pendant un temps.
C’est normal, prévisible… et souvent très crispant 😅
Exemple : votre chien quémande à table parce qu’il a appris que, ainsi, il obtient de la nourriture.
Ce comportement fini par vous agacer, vous décidez de ne plus céder à ce regard implorant et d’ignorer votre chien.
Il va certainement mendier plus fort, plus longtemps, gratter, vocaliser, insister : c’est sa manière de vous dire “eh ho, ça marchait avant, pourquoi ça ne marche plus ?!”.
Si vous tenez bon — vraiment bon — ce pic finit par retomber et le comportement s’éteint.
Si vous cédez juste une fois, le chien apprend… que ça vaut la peine d’insister ! Il recommencera encore et encore car il aura appris que ça fonctionne !
8/ La punition positive (P+)
On ajoute (+) quelque chose de désagréable après un comportement pour le faire diminuer.
Le DERNIER outil de notre boîte à outils. On n’y touche qu’en dernier, dernier, dernier recours. Jamais comme méthode d’éducation.
Si un molosse de 50 kg vous saute à la gorge, il n’est plus question de pédagogie mais de survie.
En revanche, si votre chien a fait pipi sur le tapis, ce n’est pas en lui tapant dessus qu’il va apprendre à faire ses besoins dehors ! Au contraire, s’il a peur de vous, il risque de faire sous lui dès qu’il vous verra.
Et si votre ado n’a toujours pas descendu les poubelles et que vous lui cassez les 2 jambes, vous ne serez pas plus avancé… En plus de la confiance perdue, c’est vous qui serez de corvée « poubelles » le temps qu’il récupère 😅
On est d’accord, je ne suis pas humoriste, je suis comportementaliste canin 😉
Conclusion
En résumé, l’éducation positive, c’est quoi ? C’est la méthode du respect et de l’efficacité.
Elle s’appuie sur :
- la science,
- la hiérarchisation des outils,
- la compréhension des émotions,
- la capacité d’apprentissage,
- et une louche de bon sens.
Pas besoin de cris.
Pas besoin d’intimidation.
Pas besoin de colliers coercitifs.
Vous avez juste besoin de savoir ce qui motive votre poilu en faisant des tests de renforçateurs, car c’est l’apprenant qui détermine ce qui renforce ou ce qui punit.
Est-ce qu’il est gourmand ? Est-ce qu’il préfère le fromage, la viande ou les pommes ? Est-ce qu’il est plutôt joueur ? Team tug ou team baballe ? Est-ce qu’une félicitation joyeuse le fait frétiller ? Est-ce qu’une caresse le fait baisser les oreilles et reculer ?
Je peux vous aider à poser des bases solides et à retrouver du plaisir, du calme, de la complicité grâce à cette méthode respectueuse et efficace.
Cani’calement,
Nicole 🐶
Éducatrice comportementaliste pour chien à Pléboulle (22550) et fondatrice de Cani Shanti, pour une relation paisible et joyeuse avec votre poilu
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